Flotte fluviale et innovation

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  • Transport fluvial

Le transport fluvial offre de nombreux avantages écologiques. En effet, un bateau transporte jusqu’à deux fois l’équivalent de deux cent camions en un seul voyage. Un bateau consomme trois à quatre fois moins d’énergie, et donc émet trois à cinq fois moins de CO2 que le même transport réalisé par camion. Cependant, les bateaux fluviaux sont parfois assez anciens. Ainsi, la filière du transport fluvial doit s’adapter aux nouvelles normes environnementales.

Les bateaux fluviaux ne sont pas des véhicules classiques. Ces véhicules ne sont pas soumis à la norme Euro VI comme les camions ou les autres véhicules de transport terrestre, ni aux stratégies de dépollution qui sont en cours pour les navires de mer.

La caractéristique principale des bateaux fluviaux est liée à la navigation en milieu confiné. La mise en place de nouvelles motorisations, ou de nouveaux systèmes d’échappement requiert ainsi un effort de Recherche et Développement (R&D) très important. Or, avec environ mille bateaux de fret immatriculés français en 2018, et environ six cents bateaux professionnels dans le tourisme, l’offre de transport fluvial ouvre de faibles perspectives pour amortir les efforts de R&D nécessaires.

Les chiffres de la flotte fluviale française

La flotte fluviale française est composée de 1042 bateaux, en 2019. Cette flotte augmente avec une part toujours plus importante de bateaux de grande capacité. En effet, la capacité moyenne est aujourd’hui supérieur à 1000 tonnes.

état des lieux et activité de la flotte fluviale en 2019
source : VNF

La flotte fluviale française est stable en offre de cale (environ 1.1 tonnes) mais baisse régulièrement en nombre d’unités.

Cette évolution met en place deux phénomènes :

  • L’augmentation de la taille unitaire des bateaux
  • La baisse importante du nombre d’unités capables de naviguer sur le réseau fret à petit gabarit.

Pour renforcer la compétitivité du transport fluvial, la flotte doit faire face de nouveaux enjeux :

  • S’adapter aux attentes des chargeurs : polyvalence, souplesse, fiabilité…
  • Adapter les bateaux aux infrastructures : accès à Port 2000, augmentation capacitaire du réseau navigable…
  • Favoriser le renouvellement de la profession en offrant des conditions de travail et de vie à bord attractives.
  • Accroitre la performance environnementale des bateaux. La flotte fluviale à besoin d’innovation avec de nouvelles motorisations, basées notamment sur des énergies de « l’après pétrole » tels que GNC, GNL, hydrogène…

Les besoins d’innovation de la flotte fluviale

Il est aujourd’hui nécessaire de proposer aux transporteurs fluviaux des solutions opérationnelles et peu coûteuses, afin de leur permettre de faire évoluer leurs bateaux vers des motorisations plus propres que par le passé. Pour ce faire, Voies navigables de France et ses partenaires tentent de transposer au secteur fluvial des solutions existant déjà dans d’autres modes de transport : « mariniser » des moteurs routiers conformes à la norme Euro VI, mettre en œuvre des solutions s’appuyant sur l’hydrogène ou le gaz naturel (comprimé ou liquéfié), etc.

Les actions d’un adhérent CARA

VNF apporte des réponses concrètes à ses besoins que la flotte fluviale française a en terme d’innovation.

  • Apporter aux transporteurs fluviaux les contacts et informations nécessaires leur permettant d’investir dans des solutions innovantes, basées par exemple sur des moteurs routiers ou industriels « marinisés », la dépollution, l’hydrogène, le gaz naturel liquéfié (GNL) ou comprimé (GNC), ou encore des motorisations de type électrique ou hybride : VNF organise ainsi régulièrement des séances d’information pour les transporteurs fluviaux dans les différentes régions fluviales (Seine, Rhône, Hauts-de-France, Grand-Est), sous la forme de colloque ou de webinaires, en y invitant des prestataires divers (motoristes, fournisseurs d’énergie, équipementiers) à présenter leurs solutions ou leurs travaux. Des cahiers techniques sont également disponibles afin d’appréhender les spécificités des différentes technologies innovantes pour les bateaux fluviaux.
  • Identifier des outils de soutien financier, et aider les transporteurs fluviaux à les mobiliser : VNF s’appuie évidemment sur le Plan d’aide à la modernisation et à l’innovation (PAMI), dont le volet spécifique à l’innovation (volet D), budgété à 2 millions d’euros d’aides sur cinq ans est ouvert non seulement aux transporteurs de fret mais aussi à de nombreux prestataires techniques ou même aux professionnels du tourisme fluvial, à condition que les innovations proposées puissent également bénéficier au secteur du fret fluvial. VNF informe aussi les porteurs de projets sur les autres systèmes existants, tels que les garanties de prêts ou autres sources de financement possibles, telles que les appels à projets de l’ADEME ou les Certificats d’économies d’énergie.
  • Identifier et éventuellement soutenir des projets de démonstrateurs, dans des technologies innovantes : les énergies de « l’après-pétrole » (hydrogène, gaz naturel, électricité) sont en cours de déploiement dans le secteur fluvial, et mobilisent des expérimentations et la mise en œuvre de réglementations spécifiques.
  • Mieux tirer parti du réseau européen d’innovation fluvial : VNF échange régulièrement avec ses partenaires européens dans le cadre de projets collaboratifs ou divers groupes de travail, tant sur les démonstrateurs dans des énergies de “l’après-pétrole” que sur les événements d’information ou dispositifs de financement lancés dans les différents pays.

Sources