Ferroviaire

Train, métro, tram

La filière ferroviaire regroupe tous les acteurs liés à la mobilité sur rail. Cela comprend les fabricants de matériels roulants (trains, tram, métro,.. mais également les acteurs liés à la signalisation, et aux infrastructures ferroviaires. A l’horizon 2030, la Commission européenne prévoit dans sa Stratégie de mobilité durable et intelligente un doublement du trafic sur le territoire européen à la fois pour les lignes à grande vitesse et pour le fret.

Pour répondre à ces enjeux et à ceux de la transition digitale, un contrat de filière a été signé avec l’Etat le 9 avril 2019. Il s’articule autour de 3 grands objectifs :

  • Accélérer la recherche et développement ainsi que la diffusion des technologies numériques dans l’ensemble du tissu industriel : train autonome, train décarboné (train à hydrogène ou à batteries), plateforme numérique de filière FerConnect, participation à la digitalisation du réseau ferré, centre d’essais ;
  • Consolider les PME et accompagner leur développement international : projet CARE d’amélioration de la performance industrielle, implication des clusters dans la stratégie internationale de filière ;
  • Engager au niveau de la filière une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences : accroissement de l’attractivité de la filière, accompagnement des métiers impactés par la transformation numérique, développement de l’apprentissage ;

La filière industrielle ferroviaire en France est une filière stratégique et reconnue comme telle par les pouvoirs publics. Son avenir s’inscrit pleinement dans la révolution des transports qui doit conduire vers une mobilité durable, connectée, autonome, partagée et décarbonée.

Particulièrement compétitive, elle dépend aussi très souvent des règles d’attribution des marchés publics, qui peuvent être très différentes d’un pays et d’un continent à l’autre.

La prise de conscience accrue de ces enjeux chez certains de nos partenaires européens doit permettre à l’Europe d’être plus offensive sur ces sujets.

Un autre enjeu pour l’avenir du système ferroviaire français réside dans la capacité de notre pays à transformer dans les années à venir un réseau ferré national vieillissant et parfois obsolète en un réseau 4.0, tout en réussissant l’ouverture de son marché domestique à une concurrence maîtrisée et stimulante pour l’ensemble des acteurs. Cette perspective se fonde sur le potentiel de nouveaux modèles économiques vertueux.

Les 3 objectifs du CSF sont déclinés en 4 grandes actions :

Numérique et Digitalisation

La transformation digitale est l’une des mutations les plus importantes que connaît le secteur de la mobilité en général et du ferroviaire en particulier. Ces nouvelles technologies permettent désormais aux entreprises de développer de nouveaux modèles économiques et des méthodes de travail innovantes. Si la numérisation est au cœur des stratégies des différents acteurs, son déploiement doit composer avec des enjeux propres à la filière ferroviaire :

  • la compétitivité des solutions offertes est primordiale, dans un contexte de nouvelles mobilités, d’évolution des offres proposées aux voyageurs et de développement du fret ;
  • le manque de standardisation sur de nombreux sujets-clé, tel l’échange de données, limite l’efficacité globale de la filière ;
  • la structure de la filière, éclatée entre un grand nombre de donneurs d’ordre et de fournisseurs majoritairement de petite taille, sur un marché n’ayant pas les mêmes ordres de grandeur que d’autres secteurs en termes de volumes, limite les initiatives globales, pour lesquelles il faut tenir compte des enjeux concurrentiels et des capacités d’investissement.

Objectifs du projet FerConnect

L’industrialisation d’une plateforme connectée permettra des gains d’efficacité importants dans le traitement des commandes, une fiabilité accrue et une meilleure visibilité des commandes permettant d’optimiser les plans de charge. Au final, une réduction de la non-conformité des livraisons et une amélioration de la qualité de service rendu sont attendues.

La recherche, l’innovation et le développement

Le train à hydrogène

Enjeux

La filière ferroviaire française ambitionne de devenir un acteur central de la transition écologique et solidaire en favorisant l’émergence d’un système ferroviaire intelligent et en encourageant le développement de matériels roulants décarbonés. Alors que le secteur du rail s’impose déjà comme l’une des activités de transport les plus propres pour l’environnement, les applications ferroviaires sont idéales pour développer des technologies décarbonées. De telles solutions s’inscrivent pleinement dans la réussite de la transition énergétique portée par le Gouvernement au travers du respect des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris, du Plan Climat, et plus globalement de la lutte contre le réchauffement climatique, qui nécessitent d’agir en faveur de la réduction des émissions de CO2 et des émissions polluantes tout en promouvant l’économie circulaire. 1200 TER circulant en France utilisent une motorisation diesel.
Le train à hydrogène est propulsé par l’électricité produite par une pile à combustible. Cette pile utilise comme carburants l’hydrogène et l’oxygène. Ce type de propulsion peut convenir à la plupart des besoins ferroviaires avec une vitesse de 160 km/h et une autonomie de 600 km. Cette combustion n’émet aucun CO2 et uniquement de la vapeur d’eau. Les trains utilisant cette propulsion peuvent circuler sur les lignes non électrifiées qui représentent 48% du réseau national. La France, grâce notamment à Alstom, est en pointe dans ce domaine, et peut donc devenir un leader mondial dans les années à venir.

Objectif

Développer d’ici 2024 une première flotte de train à hydrogène.

Le train à batteries

Enjeux

Le train à batteries est un train dont le système de propulsion est alimenté en électricité uniquement grâce à des batteries. Cette technologie portée par Bombardier Transport vise à convertir des trains diesel existants en trains à batteries et ainsi de fournir des solutions zéro-émission. Cette conversion pourrait être réalisée dans les prochaines années lors des rénovations à mi-vie des trains AGC diesel si l’expérimentation est concluante. Les trains utilisant cette propulsion peuvent circuler sur les lignes non électrifiées qui représentent 48% du réseau national.

Objectifs

Rendre écologique à court terme une partie de la flotte de matériels roulants diesels existants en expérimentant la conversion d’un train diesel en train 100% batterie, offrant une solution zéro-émission. Pour réaliser un train 100% batteries, des solutions doivent être développées en France et permettre de déboucher sur une production sur le territoire.

Le train autonome

Enjeux

L’augmentation de la capacité de transport : la conduite autonome sera mieux maitrisée qu’en manuel et permettra d’augmenter l’occupation des infrastructures ; à plus long terme, la conjugaison de la conduite autonome avec la mise en œuvre de cantons mobiles ou encore de couplage virtuel des trains permettra un bond en avant dans l’augmentation de la capacité de transport.
L’accroissement de la fiabilité : par l’amélioration de la ponctualité et de la sécurité globale du système (conduite, signalisation/contrôle-commande, exploitation) grâce à des systèmes d’aide à la conduite dans un premier temps, puis des systèmes de télé-conduite en lien avec le poste de supervision et enfin grâce aux systèmes de conduite autonome.
La réduction des coûts d’investissement, d’exploitation et de maintenance : la signalisation sera plus légère avec moins d’équipements à la voie. L’exploitation des trains sera plus souple avec des conducteurs au sol capables de télé-conduire plusieurs trains à la fois ou avec des trains complètement autonomes. Avec l’augmentation de la capacité de transport, c’est le coût de l’infrastructure rapporté au passager transporté qui pourra être considérablement réduit. De façon transverse, la réponse à ces enjeux permettra l’amélioration de l’attractivité du mode ferroviaire avec notamment plus de ponctualité, de flexibilité en heures de pointe ou encore d’expérience voyageur.

Objectifs

Le programme « Train Autonome » de l’IRT Railenium vise une innovation de rupture en apportant notamment les outils et briques technologiques nécessaires au programme Tech4Rail de la SNCF et son volet train autonome.

Internationalisation

CARE (Compétitivité Accompagnement Rail Emploi) : Un projet majeur pour la montée en compétences des PME de la filière.

La filière industrielle ferroviaire française est marquée de longue date par une faiblesse chronique concernant la taille et le développement à l’international de ses PME-PMI. La supply chain se caractérise par un nombre important de TPE/PME, souvent de petite taille et confrontées à diverses problématiques (capacité  financière insuffisante, difficulté à trouver des clients, déficit de main d’œuvre qualifiée, etc.), ainsi que par des difficultés en termes d’optimisation des cycles et de délais de livraison. En découlent souvent une difficile montée en compétences, une maturité insuffisante dans la maîtrise des processus et une fragile gouvernance.
En conséquence, les TPE et PME de la filière connaissent aussi une faible internationalisation. Les actions envisagées visent à renforcer la maturité et la gouvernance des TPE et PME et à mobiliser la filière à l’exportation. Le renforcement de la filière dans sa cohérence et la maîtrise de la supply chain sont en effet un préalable pour accroître sa capacité à être compétitive sur les marchés étrangers.

Objectifs

Le projet CARE vise à améliorer intrinsèquement la performance industrielle et la compétitivité des TPE, PME et ETI impliquées dans la chaîne d’approvisionnement (supply chain) ferroviaire. À travers cette démarche, il s’agit d’atteindre :

  • un meilleur fonctionnement interne,
  • une plus grande efficacité de la gouvernance,
  • la mise en œuvre de stratégies et de visions robustes,
  • un renforcement des capacités de développement des PME PMI.

La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences

Il s’agit là d’engager une gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC) permettant de faire évoluer les compétences des salariés pour accompagner les projets majeurs de la filière: l’objectif est l’accroissement de l’attractivité de la filière, l’accompagnement des métiers impactés par la transformation numérique, et le développement de l’apprentissage.

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